Pénurie du développeur, quel avenir pour le digital français ?

Aujourd’hui, les développeurs tiennent une place prépondérante suite à la numérisation du monde. Ils réalisent les projets numériques, de plus en plus nombreux, initiés par les entrepreneurs et les individus. Dans ce contexte, l’offre de développeurs n’arrive pas à satisfaire la demande. Essayons de voir de plus près le cas de la France et les éventuelles répercussions d’une pénurie de développeurs sur le futur du digital français.

 

La France manque de développeurs, une réalité à nuancer

Selon les derniers chiffres, il manquerait 50 000 développeurs informatiques en France. L’offre de développeurs n’arrive pas à suivre une demande en constante augmentation. Rien que l’année dernière, la demande aurait augmenté de 20 %.

Toutefois, les spécialistes du secteur mettent en avant un paradoxe : chaque année, la France compte environ 30 000 nouveaux diplômés en informatique développeurs inclus, mais les entreprises se plaignent de ne pas pouvoir trouver de « bons profils » pour leur développement.

Pour cause, les recruteurs préfèrent jouer la carte de la sécurité, en ciblant des ingénieurs informatiques justifiant d’au moins 3 ans d’expérience. Or, les profils correspondants à cette exigence sont pour la plupart, déjà en poste. Autrement dit, la politique de recrutement des entreprises demandeuses est en inadéquation avec l’offre, puisqu’elle exclue indirectement les jeunes diplômés, inexpérimentés.

La pénurie du développeur pénalise-t-elle l’avenir du digital français ?

L’insuffisance des développeurs entraîne de nombreuses conséquences. La première porte sur les salaires. Ceux qui affichent entre 3 et 5 ans d’expérience ont reçu une augmentation conséquente ces derniers temps, une revalorisation estimée entre 8 et 10 % depuis 2013.

Ainsi, la croissance des charges salariales, couplée à la difficulté de recruter aboutit au fait que les start-ups vivent mal le manque de développeurs. Lors d’une  étude, près d’une start-up sur deux explique leur échec par le manque de développeurs pour concrétiser leurs projets.

De plus, l’externalisation des développements, aussi bien en nearshore qu’en offshore, s’est accélérée. En externalisant, les entreprises bénéficient à la fois d’un travail de qualité et réduisent leurs coûts.

Comment faire face au manque de développeurs ?

Sachant que le manque de développeurs n’est pas relié au volume de l’offre, mais plutôt aux compétences proposées, adopter une logique de spécialisation plus poussée dans les écoles d’informatique serait une façon de valoriser davantage le savoir-faire des jeunes diplômés.

Ensuite, il faut soutenir les recherches au niveau des entreprises. Des dispositifs d’encouragement, comme le Crédit impôt recherche, sont à multiplier. Grâce à ces mesures, les entreprises seront plus enclines à traiter leurs projets en France au lieu de les délocaliser.

Enfin, il ne faut pas oublier que le développement informatique est une discipline pratique et évolutive, et non théorique. Très peu de temps suffit pour déployer le savoir-faire d’un jeune développeur. Il serait temps de revoir le profil des annonces de recrutement et de donner leurs chances aux nouveaux diplômés. Si les recruteurs agissent ainsi, la pénurie du développeur ne sera plus qu’un mauvais souvenir !

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